La réforme de l'OCM viticole
La Commission européenne a proposé en 2007 un plan de réforme de l’Organisation Commune de Marché (OCM) "Vin", pour 2014.Sa mesure phare visait à arracher massivement 400 000 ha de vignes pour lutter contre la surproduction. Dans certaines régions, comme le Languedoc Roussillon, ce plan d’arrachage aurait signifié, pour les vignerons, un véritable plan de casse sociale ! Il est heureux que la Commission ait entendu les protestations des députés européens des régions viticoles, en renonçant à cet aspect de son plan : aujourd’hui, on ne parle plus que d’un plan portant sur 175 000 ha, sur la base du volontariat.
En revanche, une autre disposition (maintenue) de la réforme me paraît contestable : celle qui vise à libéraliser totalement les droits de plantation des vignes, à partir de 2014. Cette mesure est totalement contradictoire avec l’objectif de limiter la surproduction européenne de vin… qui conduit précisément la Commission à proposer un arrachage massif de vignes. Il serait plus logique puisque surproduction il y a, de commencer par arracher les plants plantés illégalement, plants dont certains pays européens se sont faits les spécialistes.
A noter que la Commission propose aussi d’abandonner l’enrichissement du vin par chaptalisation (tout en se montrant ouverte au fait que les petites exploitations puissent continuer à y avoir recours), ainsi que la distillation de crise (celle-ci devrait être prolongée pendant 4 ans, avec un financement européen dégressif ; les Etats pourront toutefois la maintenir s’ils le souhaitent, mais en payant eux-mêmes).

