L'entrée de la Turquie dans l'Union
Depuis de longues années, je suis hostile à l’adhésion de ce pays à l’Union. En 1999, lors de ma première campagne électorale, j’ai été interrogée à Castres (Tarn) sur le sujet.
Ma réponse a été claire et dénuée de toute ambiguïté : la Turquie n’est pas un pays européen puisque son territoire se trouve à 90% sur le continent asiatique. Par ailleurs, son intégration remettrait en cause le projet politique européen. Jusqu’alors, l’une des singularités de l’Union, par rapport à d’autres organisations régionales, est qu’elle n’est pas une simple zone de libre échange : elle est une association politique d’Etats souverains qui ont l’ambition de mener conjointement des politiques communes, dans des domaines où l’on est plus efficace à plusieurs. Or, pour pouvoir préserver cette ambition, il convient de limiter le nombre de pays-membres : plus on est nombreux, plus il est, par définition, difficile de s’entendre, et difficile de décider. C’est l’efficacité qui en pâtit ! Regardez l’ONU… il est bien évident qu’avec 200 pays autour de la table, la règle est la paralysie… l’exception, la prise de décision ! Ne reproduisons pas ce schéma en Europe : sachons conserver une taille raisonnable, qui préservera notre capacité à décider et à agir.
Il est heureux à cet égard qu’aujourd’hui, la « capacité d’absorption » de l’Union soit devenu un critère d’adhésion incontesté : pour pouvoir adhérer, il faut qu’un pays remplisse des conditions…mais il faut aussi que l’organisme qui l’accueille en ait la capacité !


